CBC – « L’exploration minière dans la région de Lanaudière, au Québec, suscite l’opposition des résidents locaux »

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Bonjour,

Le 16 juillet 2026, à la suite de la visite du site de forages Kremer 1, au nord-est du lac Provost-Cartier à Notre-Dame de la Merci, la journaliste Andie Bennett de la CBC (Radio-Canada anglophone) a publié un excellent reportage sur la situation de ces forages miniers.

Nous vous invitons à lire ce reportage en anglais. https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/anti-mining-coalition-lanaudiere-9.7268576


Nous vous offrons aussi une traduction libre en français de ce reportage :

L’exploration minière dans la région de Lanaudière, au Québec, suscite l’opposition des résidents locaux.

La production d’acide et le ruissellement de métaux vers les lacs en aval constituent les principaux risques.

Andie Bennett · CBC News · Publié le 16 juillet 2026 à 4 h HAE | Dernière mise à jour : 16 juillet 2026

Des affiches anti-mines sont bien visibles dans toute la zone proche du site minier proposé. (Andie Bennett / CBC)

Un groupe de citoyens s’inquiète d’un possible projet minier dans la région de Lanaudière et de ses répercussions durables sur l’environnement.

Des travaux d’exploration sont en cours dans la région de la Matawinie, au nord-est de Montréal, où une coalition regroupant des associations riveraines et des élus locaux est préoccupée.

« Ça me désole. Bien sûr, je suis un homme âgé et, vous savez, j’ai emmené mes petits-enfants ici et ils ont pleuré », a déclaré Benoit Laporte, membre de la « Coalition Matawinie Nos Lacs Sans Mines ».

M. Laporte était très ému lors d’une récente visite des lieux, debout sur les restes de feuilles brûlées par le restes de rochers nécessaires au forage des puits.

« Vous savez, mes petits-enfants n’en revenaient pas de voir tous ces érables… des érables bicentenaires dont personne ne s’était occupé. »

Benoit Laporte est membre du comité exécutif de la Coalition Matawinie Nos Lacs Sans Mines (Andie Bennett/CBC).

M. Laporte, membre du comité exécutif de cette coalition anti-mines, a déclaré que l’activité minière est incompatible avec l’économie de la région, qui repose sur le tourisme et les activités de plein air.

« Nous sommes à environ 300 mètres du parc du Mont-Tremblant. Ce genre d’activité n’a rien à faire ici », a affirmé M. Laporte. « Ce n’est pas l’endroit où creuser une mine, là où vivent 17 000 personnes. »

Préoccupations liées à la contamination de l’eau

Ni-Co Energy Inc. est la société canadienne d’exploration minière qui exploite actuellement ce territoire sur la ZEC Lavigne, située dans la municipalité régionale de comté de Matawinie.

L’entreprise recherche des minéraux critiques, notamment du nickel, du cuivre et du cobalt. Ces travaux surviennent alors que le gouvernement canadien a fait du développement responsable des minéraux critiques une priorité.

La société minière a déjà foré 22 puits et 25 autres sont prévus en août et septembre 2026, selon des documents de l’entreprise.

https://nicoenergy.ca/t/pdf/Mining-Analyst-Report_St-Come-Project.pdf

 

Carte montrant les sites de forage exploratoire de NiCo Energie dans la ZEC Lavigne — terres publiques utilisées pour la chasse, la pêche et les loisirs de plein air. (Carte de la Coalition Matawinie Nos Lacs Sans Mines)

Mais M. Laporte affirme que ces travaux préparatoires auront un impact durable sur la région.

L’une des principales préoccupations du groupe est la contamination des nombreux cours d’eau qui, entre autres, alimentent en eau potable les communautés riveraines des sites de forage.

« Ce forage est crucial, car il atteint directement la source d’eau », a déclaré Pierre Laurin, un autre membre de la coalition. « Et il n’y a aucune protection : le forage plonge directement dans l’eau, qui s’écoule et alimente toutes les zones environnantes. »

La coalition finance l’analyse de l’eau d’une douzaine de lacs afin de connaître les niveaux de pH actuels et de pouvoir surveiller tout changement éventuel.

« Si le pH change, nous le saurons, mais il sera trop tard », a-t-il ajouté.

CBC News a visité la zone et une forte odeur de soufre imprégnait l’air. Certains trous de forage n’avaient pas encore été remblayés et laissaient s’écouler de l’eau souterraine.

Des feuilles brûlées jonchent le sol aux endroits où les trous de forage au diamant ont été effectués. (Andie Bennett/CBC)

L’entreprise respecte les règles et poursuit ses activités d’exploration.

Dans une réponse écrite à CBC, Ni-Co Énergie affirme détenir le permis requis par le « Ministère des Richesses naturelles et des Forêts du Québec » pour les forages et respecter toutes les procédures conformément aux exigences relatives aux travaux d’exploration ayant un impact.

L’entreprise a également réaffirmé qu’elle demeure en phase d’exploration et qu’aucun projet de mine, à ciel ouvert ou souterraine, n’a été présenté.

Pour les résidents de la région, comme ceux de M. Laporte, les dommages causés par les forages exploratoires ont déjà des répercussions sur la montagne.

Des arbres abattus entourent la zone où 22 forages ont été effectués pour l’exploration minière. (Andie Bennett/CBC)

Des tas d’arbres abattus jonchent le kilomètre de terrain défriché pour le forage.

« Pourquoi détruire tout ça ? » s’est interrogé M. Laporte. « Ils savent pourtant que la concentration de ressources est insuffisante pour une mine. »

« Si le projet minier était approuvé… cette région en serait affectée et elle ne serait plus jamais la même. »